
OpenAI fonce vers la bourse et pourrait voler la vedette à SpaceX
On savait que 2026 serait une grosse année pour l’IA. On ne s’attendait pas à un duel d’introductions en bourse à mille milliards de dollars chacune, sur le même marché, avec les mêmes banques d’affaires. C’est pourtant exactement ce qui se prépare entre OpenAI et SpaceX, et ça va bien au-delà d’une simple bataille d’égos entre Sam Altman et Elon Musk.
Sommaire
Le plan d’OpenAI : dépôt confidentiel et cotation en septembre
Selon les informations qui circulent, OpenAI s’apprête à déposer un dossier d’introduction en bourse confidentiel dès cette semaine. Sam Altman pousse pour une cotation publique en septembre 2026, un calendrier plus agressif que les attentes initiales qui visaient 2027.
Les chiffres qui encadrent l’opération :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Valorisation actuelle (post-levée mars 2026) | 852 milliards $ US |
| Valorisation visée à l’IPO | jusqu’à 1 000 milliards $ US |
| Dernière levée de fonds | 122 milliards $ US (31 mars 2026) |
| Banques chefs de file | Goldman Sachs + Morgan Stanley |
| Cible de cotation | Septembre 2026, Nasdaq |
| Head of Investor Relations | Cynthia Gaylor (ex-CFO DocuSign) |
L’embauche de Cynthia Gaylor, ancienne directrice financière de DocuSign, comme première responsable des relations investisseurs, est le signal le plus clair : OpenAI se professionnalise pour Wall Street. On ne recrute pas ce profil pour rester privé.
Les chiffres qui justifient (ou pas) la valorisation
Une valorisation à mille milliards pour une entreprise de dix ans, ça se justifie comment ? Voici ce que les chiffres disent :
- Revenu annuel récurrent (ARR) : 12,7 milliards $ au premier trimestre 2026, soit une croissance de 150 % sur un an.
- Revenu mensuel : environ 2 milliards $ en mars 2026.
- Projection 2026 : entre 25 et 29 milliards $ de revenu total, contre ~13 milliards en 2025 et 3,7 milliards en 2024.
- Utilisateurs : plus de 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT.
- Abonnés payants : plus de 50 millions de particuliers et plus de 9 millions d’utilisateurs business payants.
Notre lecture : la croissance est réelle et spectaculaire. Mais une valorisation de 1 000 milliards sur 25 milliards de revenu, ça représente un multiple de 40x le chiffre d’affaires. À titre de comparaison, NVIDIA tourne autour de 20x et c’est déjà jugé cher. Le marché parie donc moins sur les revenus actuels que sur la domination future d’OpenAI dans un monde où l’IA serait partout. Le pari est gigantesque, et la facture de calcul (les fameux coûts de compute) reste le talon d’Achille : OpenAI dépense encore plus qu’elle ne gagne.
Le choc frontal avec SpaceX
Voilà ce qui rend l’histoire savoureuse. SpaceX, l’entreprise spatiale d’Elon Musk, prépare elle aussi son IPO, et le calendrier se télescope avec celui d’OpenAI :
| Critère | OpenAI | SpaceX |
|---|---|---|
| Valorisation visée IPO | ~1 000 milliards $ | ~1 750 milliards $ |
| Date de cotation visée | Septembre 2026 | 12 juin 2026 |
| Marché | Nasdaq | Nasdaq |
| Banques | Goldman Sachs + Morgan Stanley | Goldman Sachs + Morgan Stanley |
| Montant levé visé | Non communiqué | ~75 milliards $ (record historique) |
SpaceX dégaine en premier, le 12 juin, avec une opération qui serait la plus grosse IPO de l’histoire : 75 milliards de dollars levés à une valorisation de 1 750 milliards. OpenAI suivrait en septembre. Les deux entreprises partagent non seulement le même marché (Nasdaq) mais aussi les mêmes banques chefs de file. Goldman Sachs et Morgan Stanley vont donc piloter simultanément les deux plus grosses introductions en bourse jamais réalisées. Du jamais vu.
Notre lecture : “voler la vedette à SpaceX” est exagéré côté valorisation pure, puisque SpaceX vaut presque le double. Mais côté narratif, OpenAI a l’avantage : ChatGPT est un produit que 900 millions de personnes utilisent chaque semaine, là où Starship reste un projet d’ingénierie spectaculaire mais lointain pour le grand public. L’IPO d’OpenAI sera celle que tout le monde voudra acheter, même les investisseurs particuliers. Celle de SpaceX restera plus institutionnelle.
Et Anthropic dans tout ça ?
Le troisième larron de cette ruée vers l’or boursier, c’est Anthropic, le créateur de Claude. L’entreprise vise elle aussi une cotation en 2026, ce qui ferait de cette année un trio d’IPO tech à plusieurs centaines de milliards, voire mille milliards chacune. Wall Street se prépare à ce que les analystes appellent déjà “le tsunami IA à mille milliards”.
Notre lecture : si les trois (OpenAI, Anthropic, SpaceX) débarquent en bourse la même année, on aura une concentration de capital sans précédent sur quelques entreprises de la tech profonde. Pour le tech-founder canadien, ça veut dire deux choses : un afflux d’attention et de capitaux vers l’IA (bon pour lever des fonds), mais aussi un risque de bulle si les valorisations décrochent des fondamentaux.
La vraie question : sommet de bulle ou nouvelle ère ?
Personne n’aime poser la question quand tout monte, mais elle est légitime. Trois entreprises non rentables (ou à peine) qui visent collectivement plus de 4 000 milliards de valorisation, ça rappelle des épisodes passés. La bulle internet de 2000. La crypto de 2021.
Les arguments des optimistes : ChatGPT, Claude et les autres ont des usages réels, massifs, payants. Ce ne sont pas des promesses, ce sont des produits que des centaines de millions de personnes utilisent. Les arguments des sceptiques : les coûts de calcul explosent, la rentabilité reste hypothétique, et les multiples de valorisation supposent une domination parfaite et durable que rien ne garantit dans un secteur où un nouveau modèle peut tout changer en six mois.
Notre position : l’IA est une vraie révolution, mais les valorisations actuelles intègrent un scénario quasi parfait. La moindre déception (réglementation, percée d’un concurrent, modèle open-source qui rattrape, coûts de compute incontrôlables) pourrait corriger violemment. À surveiller de très près dans les mois qui viennent.
FAQ OpenAI IPO 2026
Quand OpenAI entre-t-elle en bourse exactement ?
OpenAI prépare un dépôt confidentiel d’introduction en bourse dès cette semaine (mai 2026), avec un objectif de cotation publique en septembre 2026. Le calendrier reste indicatif et peut glisser selon les conditions de marché et l’examen réglementaire de la SEC.
À combien est valorisée OpenAI ?
OpenAI est actuellement valorisée à 852 milliards de dollars après sa levée de 122 milliards en mars 2026. Ses banques visent une valorisation pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars lors de l’introduction en bourse.
OpenAI est-elle rentable ?
Pas encore. Malgré un revenu annuel récurrent de 12,7 milliards de dollars et une projection de 25 à 29 milliards de revenu total pour 2026, OpenAI dépense encore plus qu’elle ne gagne, principalement à cause des coûts de calcul (compute) astronomiques nécessaires pour entraîner et faire tourner ses modèles. La rentabilité reste l’enjeu central pour les investisseurs.
Pourquoi compare-t-on OpenAI et SpaceX ?
Parce que les deux entreprises préparent leur IPO en 2026, sur le même marché (Nasdaq), avec les mêmes banques chefs de file (Goldman Sachs et Morgan Stanley). SpaceX vise le 12 juin à 1 750 milliards de valorisation, OpenAI vise septembre à 1 000 milliards. C’est une situation inédite où deux des plus grosses IPO de l’histoire se déroulent en quelques mois d’intervalle.
Pourra-t-on acheter des actions OpenAI en tant que particulier ?
Oui, une fois la société cotée au Nasdaq, les actions OpenAI seront accessibles via n’importe quel courtier qui donne accès aux marchés américains (Wealthsimple, Questrade, Interactive Brokers au Canada). Attention toutefois : les IPO sont volatiles les premiers mois, et le prix d’ouverture peut être très différent du prix réservé aux investisseurs institutionnels.
SpaceX vaut-elle vraiment plus qu’OpenAI ?
Sur la valorisation visée, oui : SpaceX cible 1 750 milliards contre 1 000 milliards pour OpenAI. SpaceX a des actifs physiques (fusées, satellites Starlink avec des revenus récurrents), une histoire de 24 ans, et une quasi-monopole sur le lancement spatial commercial. OpenAI mise davantage sur la croissance future et la domination logicielle de l’IA.
Est-ce qu’on est dans une bulle IA ?
Difficile à trancher. Les usages sont réels et massifs (900 millions d’utilisateurs ChatGPT par semaine), ce qui distingue cette vague de la bulle internet de 2000. Mais les multiples de valorisation (40x le revenu pour OpenAI) supposent une domination parfaite et durable. Le risque existe d’une correction violente si un élément (concurrence, réglementation, coûts) déçoit. Prudence recommandée.
Une chose est sûre : septembre 2026 sera un mois historique pour la tech. Entre l’IPO record de SpaceX en juin et celle d’OpenAI à l’automne, Wall Street n’aura jamais vu autant de capitaux concentrés sur si peu d’entreprises. On suivra ça de près, parce que ce qui se passe à Wall Street finit toujours par retomber sur l’écosystème startup, y compris au Canada.



